Ce sont des lieux chargés d'histoire qui entourent le Prêcheur, dernier village sur la côte caraïbe. Proche de Saint-Pierre et du Carbet, où débarquèrent les premiers colons, la paroisse du Prêcheur est l'une des plus anciennes de l'île, puisqu'elle remonte aux années 1640. Ici également vécurent les indiens peu à peu chassés de leurs terres, avant de disparaître de la Martinique.
Le nom même du Prêcheur prête déjà à la légende : il viendrait d'un rocher aujourd'hui disparu, situé en face de l'actuel bourg et aui aurait eu la forme d'un prédicateur. C'est en tous cas ce qu'affirme un connaisseur, le fameux Père
de Tertre, premier curé du Prêcheur, et auteur, entre deux poésies et quelques chroniques d'une colossale Histoire générale des Antilles. De l'église où officia cet actif prélat ne subsiste désormais que le clocher, qui est au demeurant le plus ancien monument historique classé de Martinique. |
L'église, reconstruite par un autre fameux curé, le Père Labat, abrite une cloche offerte en 1712 par son Altesse Louis XIV en personne. Le roi Soleil avait, il est vrai, quelques raisons d'être reconnaissant à la paroisse du Prêcheur.
Ici vécut en effet pendant les premières années de sa jeunesse, de 1638 à 1645, celle qui allait devenir sa femme, Françoise d'Aubigné, la future célèbre Madame de Maintenon. Sur quelques arpents de terre, à l'Habitation Grand'Case, son père Constant d'Aubigné s'essaya sans succès à l'agriculture, avant d'obtenir le gouvernement de l'île de Marie-Galante. Les apparences contemporaines sont trompeuses. Au temps de la colonisation et surtout de la riche période de Saint-Pierre, le Prêcheur contribuait à l'intense activité de la région. Aujourd'hui la pêche demeure l'activité principale de cette commune qui tente également de mettre en valeur ses richesses touristiques. |